Un soir, un homme entièrement cagoulés d’une bande de tissus blanc, ne dévoilant que ces yeux, s’enfuit à cheval d’une grande bâtisse. Un homme le suivait de près. Ils galopèrent à brides abattues et s’arrêtèrent enfin à la sortie de la ville. Ils entrèrent tous deux dans une taverne de pierre du désert et se rendirent dans le coin le plus sombre de la salle. L’homme au turban blanc s’assit tandis que l’homme se tenait derrière lui, quelque peu en retrait, une main sur son sabre. En face de l’homme se tenait une femme, la seule qui correspondait à ses critères.
Il avait fait parvenir un peu plus tôt un édit dans tous les bordels de son pays, quémandant une femme sublime et qui savait s’y prendre dans le commerce de l’amour.
Anwar al Farkadain avait auditionné des centaines de femmes, jusqu’au jour où il entendit parler d’une femme aux dons incroyables, qui faisait tourner tous les hommes sur son passage. Elle était très demandée, aussi, même pour le sultan, elle avait imposé ses règles…
- Que me voulez-vous ô sultan ?
- Tes services dans le commerce charnel. Je te paierais généreusement.
- Je n’ai pas dit que j’acceptais… Quelle est la demande ?
- Coucher avec moi, devant deux autres personnes. Me laisser diriger les opérations, et vice versa. Acceptes tu ?
- Soit ! j’accepte ! Mais vous devrez me payer les trois quarts maintenant. Le reste seulement si j’ai réussi ma mission.
- Ainsi soit il ! Je vous attends dès demain après midi.
- Affaire conclue alors ! Je vous rejoindrai…
Tous les deux se serrèrent la main en signe d’accord, et l’homme au turban noir derrière l’homme assis, remis une bourse de cuir remplie d’or.
- Au fait, une dernière chose ! J’ai tout un plan, alors dès que je glisserais mon doigt à l’intérieur d’une des paumes de votre main vous devrez aller à la rencontre de l’autre homme, à la fois proche et loin de lui, et me dominer. Je vous donnerai les dernières informations demain…
Sur ces entrefaites, l’homme en blanc repartit au triple galop, suivit de près par son serviteur.
Bon, une journée à passé et je sais plus où j’en étais… J’ai du relire mon premier chapitre, et je me suis dit que je suis vraiment médiocre en matière d’écriture, je n’arrive même pas à être aussi marrant que dans la vraie vie.
Je sais, je sais, tu n’attends qu’une chose : que je te parles de ce pour quoi tu es venue me lire…ma bisexualité.
Bah, il faut savoir qu’à la base j’étais plutôt homophobe. Marrant, n’est ce pas ?? Avec les années, j’ai élaboré une théorie : on a peur de l’autre par ce qu’on ne le connaît pas, et ce qui nous est invisible fait ressurgir notre instinct de survie. J’y ai pensé il y a peu, car je discutais avec ma tante de « Plus belle la vie ». Ouai, je sais, ça craint, et tu sais quoi mademoiselle ? Je m’en cogne comme de l’an quarante ! Bref, elle me disait, ma tante je parles, que le fait de voir souvent le couple gay de la série (et maintenant le couple lesbien), les voir s’aimer et s’embrasser lui avait fait changer de regard, elle est maintenant moins dégoûtée par cela. C’est marrant je trouve, car cela ne lui aurais pas dérangé que ses enfants soient homos, juste qu’ils se roulent un palot devant elle.
Bien sûr, j’ai du me faire discret, car si tout le monde sait que je suis gayfriendly personne ne sait que je suis bi. Et vi, j’ai le look hétéro vois-tu?
Oula, je me rends compte que je fais beaucoup de digressions…
Donc tout commença le jour de mes quatorze ans. Un pote à moi au collège, avec qui je m’entendais bien, m’a dit que j’avais de très jolies lèvres. Je dois dire que sur le coup cela m’a fait un choc, et puis au final j’ai trouvé ça fun ! Plus tard, ma mère à fait la connaissance d’une esthéticienne qui est devenue sa meilleure amie : Frédérique. Frédérique avait trois enfants : le plus jeune, Kim, avait mon âge, il était sympas, intelligent et populaire, ce qui sous-entend donc qu’il était aussi mignon ; le second était une jeune femme nommée Cassilde, et enfin le plus âgé, Bertrand était homosexuel.
C’était l’été. Je m’étais disputé gravement avec mon père et ma belle-mère un an auparavant, et j’étais retourné les voir une semaine plus tôt afin de m’expliquer avec eux. Comme tu t’en doutes, ce fut un lamentable échec, et je ne vis plus mon père durant cinq années. C’est donc à la suite de cela, que je me suis retrouvé à Nice, par une canicule infernale à fêter l’anniversaire de Bertrand. Il y avait son compagnon de longue date mais aussi une foule d’ami. Certains étaient carrément misogynes, d’autres me prirent sous leur ailes, vu que j’étais encore trop jeune pour être sexuellement viable, mais certains déjà me regardaient avec une étrange lueur dans le regard, que je ne devais comprendre et connaître que des années plus tard. Ce fut une semaine merveilleuse, où un tout autre monde s’ouvraient sous mes yeux ébahis… J’ai pu commencer à changer d’opinion sur les homos, et notamment mes stéréotypes. Certes, certains étaient plutôt efféminés et maniérés, mais d’autres était incontestablement homme, viril et terriblement hétéros.
Le lendemain matin Kenan n’était pas venu en cours. Les « autres », comme se plaisait à les nommer Allan, en profitèrent.
Ils attendirent la sonnerie de dix heures. Apparemment, la leçon n’avait pas était imprimée…
Le muet partit doucement, ne pensant même plus qu’on pouvait encore lui faire du mal depuis qu’il connaissait Kenan.
Mais ce n’était pas du tout ce qu’en pensaient les Autres.
Ils accélérèrent le pas, et arrivèrent à sa hauteur.
Ils l’attrapèrent par le coude et le tirèrent dans un endroit à l’abri des regards.
Le muet leur lança un regard noir, non dénué d’appréhension.
- Alors enculé ! T’en as pas eu assez la dernière fois ?
- Ouai, hahaha, on dirait qu’il en veux encore le p’tit con !
- Ben ouai, tu comprends le muet, va bien falloir te répéter la leçon jusqu’à ce que tu l’imprime !!
- A genoux le muet !
D’eux d’entre eux, apparemment les mêmes que la dernières fois, lui firent une balayette et le muet tomba à genoux au sol.
- Ah, c’est mieux !
Celui qui semblait le chef, le tira par l’oreille.
- Je ne sais plus quoi faire pour que tu comprennes ! Alors, il va falloir employer les grands moyens. L’homme cracha sur sa chaussure une informe masse gluante.
- Oh, que je suis sot ! J’ai tâché mes chaussures, il v me falloir quelqu’un pour les cirer, reprit-il.
Il lança un regard torve sur Allan.
- Lèche !
Le muet lui lança un regard choqué. Ce pourrait-il que l’homme pense vraiment à ce qu’il avait dit ??
Un sentiment de révolte pointa au fond de son ventre : il ne fallait pas qu’il pli !
Il tenta de ce lever, releva les yeux et jeta un crochet du droit sur le chef. Le choc fit tourner la tête de ce dernier. Le muet tenta de prendre la fuite car il aurait tôt fait d’être surpassé par le nombre… Mais c’était sans compter les sbires du jeune chef.
Ils l’attrapèrent par les cheveux, le rouant de coups à nouveaux.
Chacun empoignèrent d’une main le muet et de l’autre le dévêtirent. Ils ne lui laissèrent rien, même pas la dignité…
Ils le laissèrent là, comme un condamné à mort, recroquevillé sur lui-même, avec pour seul fond sonore le rire gras du chef blessé.
Ce petit être enserra ses genoux, se balançant d’avant en arrière, bougeant des lèvres par lesquelles ne s’échappait aucun son.
Des élèves passèrent dans le coin et le virent, ceux-ci attirèrent la direction qui prit les choses en main.
L’infirmière lui parla mais le muet ne lui montra que deux yeux vitreux comme ceux des poissons évidés et apposés sur les étals de glaces.
Elle lui demanda qui avait fait ça, rien…
Elle l’entoura d’une couverture, toujours rien…
Elle l’aida à se relever mais le muet s’écroula à terre, en toussant. Quelques gouttes de sang s’échappèrent de sa bouche. S’ensuivirent des cris, du bruit, de la lumière… Le muet avait l’impression de faire des hallucinations psychédéliques.
Pimpon Pimpon Pimpon
Les ambulanciers prirent Allan sur une civière et le montèrent dans l’ambulance.
Le verdict commença à tomber : côtes cassées doublée d’une hémorragie interne. Les choses étaient sérieuses mais pas critiques.
Le voici prêt pour un deuxième séjour à l’hôpital. Mais celui-ci n’aurait pas la même tonalité. Cette fois ci il entrait seul, humilié, détruit psychologiquement et amer. Kenan n’était pas venu le lendemain, après ce chaste baiser…
Elle est la lave, le volcan qui bouillonne en chacun de nous. Elle est la force qui nous fait nous relever à chaque fois qu’on trébuche. Elle est poignante, sensible, imaginative. Elle se rit de l’adversité, elle est musique, chaleur e.
Elle nous étreint dès qu’on ouvre nos grands yeux bleus mouillés par les larmes de souffrance. Elle est là au seuil de la vie. Elle est immatérielle, inconstante et pourtant si tenace.
Elle est éphémère et lumière, elle est opacité et nébulosité.
Elle, toujours elle…
Mais quand on l’arrache à nos corps et nos cœurs martelés, bosselée par la peine et le labeur, alors elle pousse un déchirant hurlement. C’est le cri de l’inhumanité présente en chacun de nous.
Deux jours après, j’ai eu le plaisir de revoir Tristan à mon cours. Je n’aurais jamais cru que celui-ci lui aurait plût au point de retourner nous voir. Je le salue avec un sourire goguenard. J’ai décidé de lui faire une petite farce. Je le plante là et part en direction de mon sabom. Je lui demande en chuchotant si Tristan peut participer au cours. Mon prof accepte, me donne une tenue légèrement trop grande qu’il a retrouvé dans un placard, ainsi qu’une ceinture blanche.
Nathanaël est toujours dehors, son sourcil relevé, comme à son habitude, en signe de désappointement et d’agacement. Je lui remets la tenue et annonce :
Si tu viens ce soir, c’est avec plaisir ! Mais tu vas devoir participer au cours.
Tu déconnes j’espère ?!
Absolument pas. Chacun son tour d’en baver.
Je rigole comme un con de ma vanne pourrie et de l’air de bulldog qu’il fait de suite après.
A comme j’aime faire enragé ce mec, c’est vraiment devenu mon passe-temps principal !
Le cours commence, et spécialement pour Tristan, le prof fait une petite initiation au Tae.
Comme je m’en doutais, l’entrainement il le suit à la perfection. On voit que c’est un mec très exigeant avec lui-même. Ses coups de pied sont maitrisés, ses jambes fermes et son pied tour à tour pointe et flex. Il a de jolies jambes d’ailleurs, bien galbées.
On passe au combat et notamment au combat de self-défense. Le prof à décidé de prendre le débutant comme témoin. Pour nous montrer comment finit un novice si ca lui arrive dans la rue.
Tristan, sous les ordres du sabom, attrape violement l’avant-bras du prof. Celui-ci effectue une rotation du poignet, et dégage sa main. Il pare de son bras, garde prisonnier l’autre bras de Tristan, lance un uppercut avec sa paume par en dessous, qui vient frapper le dessous du menton. En même temps, il effectue une rotation arrière, imprime un coup de pied sec, sur l’intérieur du genou de Tristan. Celui-ci tombe à terre, à quatre pattes. Le bras tordu douloureusement par le prof, Tristan, les fesses remontées se tient cambré. Enfin, le prof complète l’exercice en tirant les cheveux de Tristan en arrière, laissant sa paume d’adam ainsi que sa gorge, exposé à tous.
Durant l’exercice, je ne peux m’empêcher de fixer Tristan, des images glauques me traversant l’esprit. Je le vois, et je rêve d’être à la place du prof. Je ne comprends rien à ce qui m’arrive, d’un coup je le regarde avec un œil lubrique, mon entre-jambe se mettant au garde-à-vous. Je m’imagine Tristan, nu comme un ver, les joues rosies de plaisir. Une plainte sourde s’échappant de sa bouche humide et entrouverte. Moi derrière, le chevauchant, lui tirant sa tignasse brune, et le fouettant légèrement avec une cravache. Et lui me suppliant, pleurant presque….que je continue !
Sous le choc de ce fantasme soudain et abominable, j’en tombe en arrière. J’ai envie de dégueuler et en même temps je me sens excité comme jamais je ne l’ai été. Je cours du tatami, me vautre par terre, ne retourne même pas pour salué. Courre prendre mon sac au vestiaire et vite sortir de cet enfer. Je suis encore en tenue mais je m’en fou.
Mon érection est douloureuse et quelques larmes de rages et de honte mêlées coulent. Tristan se pointe derrière moi, quand j’ai tourné à l’angle de la rue. J’ai toujours dit que ce mec était une pointure ! Il est dos à moi, m’attrape l’épaule de sa main. Moi, je me retourne direct et le plaque contre le mur, dans cette rue mal éclairée, près de jolies maisons de villes qui débordent de glycines. Le parfum des fleurs est entêtant, et le sien aussi. Ses joues rouges par l’effort de son sprint, et son reste d’halètement me faire frémir.
Dégage ! je grogne
Mais qu’y a-t-il ?
Tu n’aimerais pas le savoir ! Dis-je en grognant doucement à son oreille.
Je me dégage sans pouvoir m’empêcher de lui lancer un regard brulant. Brulant de haine…et de désir !
Je comprends plus rien là, mec ! J’ai fait un truc qu’il ne fallait pas ?
Pour une fois, Tristan à perdu de sa superbe. Là preuve en est qu’il ma surnommé « mec ». Il est mal à l’aise, je le sens et largué.
M’approche pas !
Il me fixe, sa bouche entrouverte et bien sûr, se rapproche ! Là, je peux m’en empêcher, je lui fracasse mon poing dans sa gueule d’ange. Il lâche un râle, qui est à deux doigts de me faire jouir. Alors je fais le seul truc irréfléchi qui s’impose à moi en cet instant, je l’embrasse sauvagement. Je pénètre de force ma langue dans sa bouche. Il résiste tout en m’embrassant goulument. C’est vraiment chelou ! Je passe ma main sur sa nuque et appui pour approfondir notre baiser. Je sens son souffle s’accélérer, comme s’il apprécié. C’est à ce moment là que mon attention baisse et qu’il me mord la langue.
Bâtard ! Tu m’as mordu la langue !
Et toi, enfoiré ! Qu’est ce que je devrais-dire ! C’est bien fais pour ta ptite gueule de PD !
Tu semblais pas détester que ce petit PD là t’embrasse…
Tu vas me le payer !
Je t’avais prévenu de dégager !
Je me barre comme ca, le laissant là planter là, encore plus con qu’à son arriver. Ceci dit, je n’en mène pas large…